Pourquoi PEP2A : Nos finances et le climat

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La façon dont nous gérons notre argent influence le climat!

Même si individuellement nous n’en avons pas forcément beaucoup, il ne faut pas oublier que les économies des français (qui ont encore augmentées lors de la crise sanitaire, et malheureusement pas pour tout le monde), représentent un pactole qu’il faut bien placer quelque part. Ce sont 40 milliards d’Euros placés sur les livrets défiscalisés en 18 mois, pour un encours total de plus de 450 milliards d’Euros ; et on ne parle même pas des assurances vies, placements boursiers ou immobiliers.

Ça peut paraître surprenant, mais, tout comme nos achats de biens ou notre alimentation, la gestion de notre argent a un impact plus ou moins important sur le réchauffement climatique.

Malgré toute notre bonne volonté et les efforts que nous pouvons faire pour mieux (et moins!) consommer, recycler, choisir une alimentation de proximité et plus naturelle, il est souvent un aspect que nous négligeons, c’est celui de l’impact climatique de notre argent. Dans la culture française, l’argent est rarement objet de discussion, quelquefois considéré comme honteux, ou au contraire instrument d’affichage d’une réussite matérielle, en tout cas peu sujet à des réflexions orientées vers une action en cohérence avec nos pensées.

Les émissions de CO2 des grandes banques

L’association Oxfam France, cette ONG qui lutte contre les inégalités et la pauvreté, a pour but de dénoncer les causes profondes des inégalités extrêmes, le système qui leur permet aujourd’hui de perdurer et même d’augmenter, d’informer le public, le mobiliser et défendre des changements concrets. Cette association a publié en octobre 2021 un rapport (document en local) surprenant, en tout cas pour nous non-spécialistes, qui met en évidence l’empreinte carbone colossale des banques françaises en 2020.

Quelques extraits pour illustrer le propos:

Pourquoi imputer des émissions de CO2éq à des banques ? Par leurs soutiens financiers à des entreprises,
projets, particuliers ou Etats en France ou à l’international, les banques sont responsables d’émissions de gaz à effet de serre. Ainsi il est reconnu par les standards internationaux16 de comptabilité carbone que les banques doivent se voir attribuer une partie des émissions de CO2 des entreprises qu’elles soutiennent. La comptabilité des émissions de gaz à effet de serre est aussi aujourd’hui un exercice normé.

  • chacune des quatre premières banques françaises continue d’avoir, à elle seule, une empreinte carbone supérieure à celle du territoire français.
  • La principale cause de l’empreinte carbone des banques reste leurs financements aux entreprises actives dans les énergies fossiles. En 2020, pour BNP Paribas, Société Générale et BPCE, les prêts aux entreprises actives dans le secteur du pétrole et gaz représentent entre 39 % et 48 % des émissions de gaz à effet de serre de leur portefeuille de crédits aux entreprises.
Illustration extraite du rapport Oxfam cité

On voit donc que les placements financiers effectués dans les grandes banques ne sont pas très vertueux au niveau des engagements pour le climat ; ces placements sont-ils un passage obligés?

Une banque éthique : La Nef

Vous le savez si vous suivez de près les actions de PEP2A, notre coopérative travaille (compte bancaire et prêts pour les installations) avec ce que nous considérons comme la seule banque vraiment éthique de France : La Nef.

Depuis plus de 35 ans, cette coopérative bancaire pratique une politique de crédit particulièrement exigeante, en choisissant de financer uniquement  des projets qu’elle considère justes et durables. En 2021, près de 60% des projets financés par la Nef mettent au premier rang de leur raison d’être des préoccupations environnementales (les autres projets étant à vocation principalement sociale et/ou culturelle).

Cette exigence a pour conséquence une nette différence en terme d’empreinte carbone, puisque Le Cabinet Carbone 4, ayant analysé dans le détail l’impact carbone de la Nef, arrive au résultat qu’avec 121 tonnes équivalent CO2 émis par million d’euros investis, l’intensité carbone de la Nef (émissions proportionnées à la taille de son bilan) est la plus faible de tous les établissements financiers français. Pour 1€ investi ou financé, la Nef émet donc 3 fois moins que la banque française la moins émettrice du rapport Oxfam

Émissions CO2 de La Nef

La finance “verte” ?

Nombreux sont ceux parmi nous qui, pour montrer leur engagement en faveur de la transition écologique, font partie d’associations et/ou de coopératives engagées pour le climat ou dans diverses actions militantes. Mais lorsque l’on creuse un petit peu en abordant le thème tabou de l’argent, on s’aperçoit vite que la gestion patrimoniale reste essentiellement du ressort de placements conventionnels liés aux grands réseaux bancaires dont on vient d’évoquer les actions néfastes pour le climat. Pour s’engager dans une transformation réelle des choses, il ne faut pas se contenter de se donner bonne conscience en engageant une partie négligeable de ses avoirs dans les orientations voulues, mais il faut faire de ces placements une partie importante de la gestion de son patrimoine, tout en adoptant les principes de précautions qui ne doivent jamais nous sortir de la tête sur ces sujets:

  • quels sont le domaine d’action et les objectifs recherchés par la structure que nous voulons soutenir ?
    • s’agit-il de soutenir une action sans possibilité de rémunération financière? combien est-on prêt à investir sans attendre de retour?
    • une rémunération financière est-elle visée? est-ce raisonnable? est-ce compatible avec notre objectif?
  • prendre connaissance de la réputation et du sérieux, une petite recherche sur internet s’impose
    • la structure bénéficie t’elle d’un label reconnu (Finansol)
  • estimer la robustesse financière de la structure (durée d’existence, bénéfices connus…)

PEP2A, une coopérative citoyenne d’énergie renouvelable

PEP2A œuvre dans un éco-système dans lequel nous pouvons trouver une partie des réponses que nous cherchons ; nous pouvons investir dans les énergies renouvelables avec Energie partagée (sur la France ), Enercoop (sur la France), Enercoop-paca (sur la région paca), PEP2A (sur les Alpes-Maritimes), la sauvegarde des terres agricoles avec Terre de liens, dans la finance coopérative avec la Nef, et d’autres (voir plus bas les liens). De toute façon, il faut bien regarder les avantages et les inconvénients, certains proposent des avantages fiscaux et pas de rémunération ou très peu, d’autres l’inverse… Mais en tout cas, occupons nous de nos finances, car sinon, c’est la finance qui s’occupe de nous, et ce n’est pas forcément à notre avantage.

Alors à vous de jouer! Pour commencer, répartissez une partie de vos avoirs dans les placements précités, voilà notre suggestion (mais c’est à vous de voir), qui permet d’allier un réel investissement dans des valeurs éthiques en limitant les risques:

  • souscrivez des parts de PEP2A (pas de frais de souscription), à hauteur de 1 à 5% de votre patrimoine ; PEP2A va présenter à sa prochaine assemblée générale (le 26 février 2022) sa première distribution de bénéfices, la coopérative fonctionne bien, mais est encore petite, donc il faut limiter son investissement.
  • souscrivez des parts d’Energie partagée, à hauteur de 5 à 10% de votre patrimoine : la nouvelle revalorisation des parts de 4.40€ en 2021 amène à une prime 14.40€, pour un investissement dans les énergies renouvelables citoyennes et éthiques françaises.
  • souscrivez des parts de Terre de Liens, à hauteur de 5 à 10% de votre patrimoine : la réduction fiscal de 25% compense l’augmentation faible du prix de la part (de 100 à 104€ + frais de souscription), mais l’actif est basé sur l’achat de terres agricoles, dont peu susceptibles de perdre de la valeur.
  • souscrivez quelques parts de La Nef et placez vos liquidités sur un livret ; le rendement est actuellement proche de zéro, mais l’outil est pratique, vous pouvez effectuer et recevoir des virements directement depuis votre compte

Avec ces quelques placements, votre argent aura déjà une influence sur l’environnement et 11 à 25% de votre patrimoine sera sorti des circuits financiers classiques. Libre à vous d’explorer les possibilités offertes par les produits labellisés Finansol ou les Licoornes et autres placements “verts” (mais attention au green washing!), en gardant en tête vos objectifs et vos possibilités ; ne pas mettre ses œufs dans le même panier reste à cet égard un conseil … en OR.